les plantes d’avril

L’Ail triquètreViolette de Rivinius
Ornithogale en ombelleLathrée clandestine
Stellaire holostéeJacinthe des bois
Orchis bouffonOrchis mâle

Fin mars, début avril voient l’émergence de lAil triquètre. Ceux dont la narine est affûtée le détecte avant de le voir, car c’est un Ail, avec tout ce que cela implique de sensations olfactives ! Une très belle station de cette espèce se trouve chemin des Claudix.

Ail triquètre, chemin des Claudix

L’Ail triquètre fréquente les fossés, les prairies humides. Son nom d’espèce souligne le fait que la hampe qui porte les fleurs a une section triangulaire.


Mais le charme de cette plante réside surtout dans l’élégance de ses fleurs dont les pétales d’un beau blanc pur sont délicatement ornés d’une nervure médiane verte.


La hampe triangulaire porte à son extrémité un groupe de fleurs. Les « queues » de celles-ci, appelées pédoncules, semblent partir d’un même point, ce qui caractérise une inflorescence en ombelle.





Très discrète en mars, la Violette de Rivinius s’affirme en avril sur les pelouses, en bordure de haies, au pied des murs, en milieu boisé.

Violette de Rivinius

Les caractères qui permettent de reconnaître cette espèce :

– l’éperon, à l’arrière de la fleur, est blanchâtre, plus clair que les cinq pétales bleu violacé 
– cette violette est inodore.



Une autre plante commune des pelouses, des bords de chemins comme l’allée Robert Cheval qui longe la Loire : l’Ornithogale en ombelle, encore appelé Dame d’onze heures, peut-être une allusion au fait que la fleur ne s’ouvrirait que tard dans la matinée…
C’est encore une plante dont la fleur a six pétales comme quelques-unes déjà présentées ici. C’était la marque de famille des Liliacées, qui a été éparpillée « façon puzzle » en plusieurs familles !

Cet ornithogale n’est ni rare ni protégé mais il mérite bien que le promeneur s’attarde un instant sur ses corolles d’un blanc de lait (étymologie du mot ornithogale : oiseau de lait)…



Les rives du ruisseau du Seil, qui matérialise « la frontière » entre Nantes et Sainte Luce, recèlent une plante étrange, qui semble n’exister que par ses fleurs car elle n’a ni tige ni feuilles : la Lathrée clandestine. Elle n’a pas besoin d’organes qui captent le gaz carbonique pour synthétiser sa matière organique, elle la trouve toute faite, produite par des Saules notamment, car cette belle fleur est une plante parasite : elle subsiste aux dépens des végétaux honnêtes !

Lathrée clandestine, parc de la Verdure



La Stellaire holostée fréquente elle aussi les milieux plus ou moins humides et boisés. Très abondante, on ne peut pas la rater à Sainte Luce !

Stellaire holostée. Stellaire évoque la forme étoilée de la fleur, holostée, mot d’origine grecque, est une allusion à la tige, cassante comme un os.



A la même époque – 1ère quinzaine d’avril – la Jacinthe des bois déploie ses jolies corolles en clochettes mauves, véritable vapeur bleue dans les milieux frais et boisés qu’elle affectionne…

Un papillon du genre Aurore, pourtant officiellement inféodé à la Cardamine des prés (son nom latin est Anthocharis cardamines),surpris ici en flagrant délit d’infidélité, déguste le nectar de la jacinthe !



Autre événement botanique marquant du mois d’avril : l’entrée en lice des orchidées ! Les deux espèces qui émergent en premier sont l’Orchis bouffon et l’Orchis mâle. On les appelle fréquemment « pentecôtes » dans la région, bien que la floraison intervienne bien avant la Pentecôte.

Orchis bouffon, plante entière. Remarquer les feuilles unies, principalement à la base, et les fleurs en inflorescences denses. Détails des fleurs

L’Orchis bouffon nous introduit d’emblée dans le monde des orchidées. Sa fleur a trois sépales et trois pétales colorés, comme toutes les fleurs de cette famille. Sur la photo ci-dessus, un pétale est plus large que long, plus ornementé que le reste de la fleur : c’est le labelle. Il est prolongé en arrière par un tube, l’éperon, censé contenir du nectar.
Au-dessus du labelle, les 3 sépales et les 2 pétales sont réunis en une sorte de casque veiné de vert. Ce casque abrite le stigmate et l’étamine qui produit un pollen aggloméré en deux masses compactes, les pollinies.
Le labelle offre une véritable piste d’atterrissage, attractive pour les insectes, qui espèrent déguster du nectar… Ils seront dépités : pas la moindre goutte du précieux liquide dans l’éperon ! Mais ils repartiront coiffés de pollinies qui pourront ainsi être déposées sur d’autres fleurs, première étape de la reproduction.

Ne pas s’imaginer que cette orchidée affiche toujours les mêmes couleurs ! Il s’agit bien ci-dessous de l’Orchis bouffon dont la palette va du rose violacé soutenu au blanc, en passant par des nuances saumon



L’Orchis mâle… Le nom de cette espèce est un pléonasme ! Le terme « orchis » vient d’un mot grec signifiant testicule. Les anciens botanistes ont fait une analogie entre les tubercules souterrains et les attributs masculins… L’adjectif « mâle » souligne aussi la robustesse de la plante.

Les feuilles sont le plus souvent marquées de taches brunes, mais il n’est pas rare de rencontrer au sein d’une population d’Orchis mâles des individus dont les feuilles sont unies. Beaucoup de variabilité également au niveau de la couleur des fleurs : on trouve parfois des individus aux inflorescences blanches.
La fleur ressemble évidemment beaucoup à celle de l’Orchis bouffon, mais avec des sépales et pétales plus redressés, séparés les uns des autres et un éperon plus arqué.

Vous aimerez aussi...